sculpture du bois & amour des mots


Il passe du ciselage des mots au ponçage du bois tout en démesure.

 

Il burine sur le papier pour dégrossir les mots et ensuite les poncer, les polir, pour étonner nos oreilles, moment de musicalité. 

 

Il arrondit des angles impossibles pour rimer avec les formes et enfin révéler la veinure du bois, lui donner du vernis,  pour faire naître un personnage ou une autre silhouette, permanence de l’émotion.

 

Et là, on vient se perdre entre ces naissances rimées par la pensée, rythmées par les marées.

 

Ici rien d’éphémère. Le temps a usé la matière, abandonnée par l’homme.

Alors, le sculpteur a figé le bouchot pour une nouvelle histoire bien au-delà des mots.

 

 

Sculpture de lui, sculpture de vie 

« Racine de vie »



Présentation rapide...

 

 

Je sculpte le bois de la mer, des bouchots envahis de tarets,

Je sculpte des corps, des formes, des seins,

Des femmes étranges, au corps élancé,

 A la jambe longue ou au buste décalé.

Je sculpte ce que le bouchot m'offre, ce que la mer n 'a pas pris.

Je sculpte des seins qui tétonnent

Des danseuses faisant une pointe esseulée

Des instruments de musiques silencieux

Je sculpte le bois de l'océan :

Le piquet de bouchot, échoué depuis des années sur le bord de la mer.

 

Je suis un bouchoteur de la sculpture sur bois 

 

 

 


entretien avec le télégramme

3 questions a ...    Yvan Pierre


  • Comment devient-on sculpteur sur bois ?

Quand on en a vraiment envie et quand l'envie devient un besoin ! C'est mon cas. rien ne me destinait à la sculpture mais je me sentais très attiré par le toucher du bois, sa douceur, son odeur.

 

L'envie de me lancer s'est concrétisée avec un bloc de tilleul... En est sortie une première oeuvre, un peu compliquée, peut-être la plus compliquée de toute ma création. Mais je voulais me mettre à l'épreuve et tenir le défi. Je l'ai baptisée Les masques et la plume.

 

  • Quels sont les bois que vous travaillez et préférez ?

J'ai sculpté du noyer, du chêne et encore du tilleul qui est le bois le plus facile à travailler, le plus adapté pour apprendre la sculpture. Très vite, je suis parti sur les piquets de bouchots. C'est vrai qu'ils sont très durs, suite à leur longue utilité dans l'eau de mer.

 

Je m'oblige à utiliser des bois récupérés, c'est une superbe deuxième vie à offrir à un matériau si noble ! Je travaille à la gouge, surtout, parfois à la scie pour dégrossir un bloc ou enlever le surplus des piquets de bouchots.

 

  • À Ploeren, est-ce votre première exposition ?

J'ai débuté dans le cadre d'Art Capella, en 2011, j'exposais dans la chapelle Saint-Nicolas à Trédion dans le Morbihan. Ce fut une belle expérience de partage et de convivialité, autant avec les organisateurs qu'avec le public. J'ai exposé à Elven, à Malestroit. J'ai installé, à Ploeren, une vingtaine d'oeuvres. 

 

 

*réalisé à l'occasion de l'exposition dans la ville de Ploeren (Morbihan) en 2012